Les substances per- et polyfluoroalkylées - le nom exact des fameux PFAS, surnommées “polluants éternels” - sont omniprésentes dans notre quotidien. Face aux risques qu'elles représentent pour la santé et l'environnement, une loi visant à les interdire a été promulguée le mois dernier. Mais pourra-t-on les éviter pour autant ?
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Utilisés depuis plus de 80 ans dans diverses industries, les PFAS se retrouvent dans de nombreux produits de consommation courante. Leur persistance dans l'environnement et leur accumulation dans le corps humain suscitent des inquiétudes croissantes. On fait le point sur les avancées législatives et les solutions concrètes pour limiter leur présence dans notre quotidien.
PFAS : de quoi parle-t-on ?
Les PFAS regroupent plusieurs milliers de substances chimiques utilisées pour leurs propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et résistantes aux hautes températures. Très prisées dans l'industrie, ces molécules se retrouvent dans des produits aussi variés que les emballages alimentaires, les ustensiles de cuisine anti-adhésifs, les vêtements techniques, les mousses anti-incendie ou encore certains cosmétiques. Il est quasiment impossible de trouver une industrie qui n'en utilise pas.
L'argument massue des industriels pour utiliser les PFAS est aussi ce qui en fait un problème majeur pour la santé et l'environnement : leur extrême stabilité. Non dégradables naturellement, ils s'accumulent dans l'environnement et se déplacent, finissant par contaminer l’eau potable, les sols et même la chaîne alimentaire. Certaines études ont révélé leur présence dans les rivières, les nappes phréatiques et de nombreux produits de consommation courante, posant ainsi un sérieux problème de santé publique. D’après le rapport du député Cyrille Isaac-Sibille, qui dirige la mission gouvernementale sur les PFAS, 100 % de la population humaine est contaminée par au moins une de ces substances.
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PFAS : que dit la loi votée en février 2025 ?
Face à la menace que représentent les PFAS, les législateurs ont enfin pris des mesures pour limiter leur propagation. Le 27 février 2025, une loi visant “à protéger les populations des risques liés aux substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées” a ainsi été promulguée après 10 ans d'alerte de la part d'associations et de longs débats.
Cette loi, qui vise à interdire progressivement ces substances, prévoit notamment :
- L’interdiction des PFAS dans les produits cosmétiques, les vêtements (sauf les vêtements de protection à destination des professionnels de la sécurité), les chaussures et les farts pour skis, dès le 1er janvier 2026.
- L'interdiction en France de tous les textiles contenant des PFAS, en 2030.
- L’instauration d’une taxe spécifique pour les industriels qui en rejettent dans l’environnement.
- Un renforcement des contrôles sur la présence de ces substances dans l’eau potable et les aliments.
Si ces avancées législatives marquent un tournant, les associations et scientifiques appellent à des mesures encore plus strictes pour éliminer totalement ces polluants de notre quotidien. En effet, dans le texte initial, d'autres produits devaient être interdits, comme les ustensiles de cuisine (casseroles, poêles...) devenus les symboles de la lutte contr les PFAS, mais qui ont été exclus de la loi par amendement des députés afin de "laisser le temps nécessaire" aux industries françaises "pour leur permettre de trouver des alternatives satisfaisantes".
Si les PFAS sont partout, comment éviter d'y être exposés au quotidien ?
Bien que leur omniprésence rende leur évitement difficile, certaines précautions permettent de limiter notre exposition aux PFAS :
Dans la cuisine :
- Éviter les poêles et casseroles avec un revêtement en téflon et privilégier l’inox, la fonte ou la céramique. Retrouvez notre comparatif de poêles et casseroles.
- Réduire l’utilisation d’emballages alimentaires en papier traité, notamment ceux des fast-foods.
Dans l’alimentation :
- Privilégier les aliments biologiques, moins susceptibles d’être contaminés par des pesticides contenant des PFAS.
- Limiter la consommation de crustacés qui sont les aliments les plus touchés par les PFAS.
- Filtrer l’eau du robinet avec des filtres certifiés efficaces contre ces substances.
Dans l’habillement :
- Opter pour des vêtements sans traitement imperméabilisant à base de PFAS.
- Préférer les marques qui affichent des engagements contre ces polluants.
Dans les cosmétiques :
- Lire attentivement les étiquettes et éviter les produits contenant des termes comme "PTFE" ou "perfluoro".
Lire correctement les étiquettes de cosmétiques - Privilégier des marques naturelles et labellisées sans substances controversées. Evitez notamment les produits dits “longue durée” et “waterproof” dont la composition est la plus chimique.
Même s'il est difficile d'échapper aux PFAS, un mode de vie sain et tourné le plus possible vers des ingrédients naturels, biologiques peut aider à limiter votre exposition.
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